Transparence
Méthodologie
Rien n’est publié sans avoir passé un filtre chiffré. Voici lequel, et ce qu’il ne sait pas faire.
Le modèle
Les probabilités viennent d’un modèle Dixon-Coles pondéré, ajusté séparément sur chacun des quatre championnats couverts (Ligue 1, Premier League, La Liga, Serie A). Chaque équipe reçoit deux paramètres, une force offensive et une force défensive ; un paramètre d’avantage du terrain est estimé par championnat, et une correction spécifique redresse les scores serrés (0-0, 1-0, 0-1, 1-1) que le modèle de Poisson simple sous-estime.
L’ajustement ne se fait pas sur les buts seuls mais sur une cible hybride : 70 % de buts attendus (xG) et 30 % de buts réellement marqués. Le xG décrit mieux ce qu’une équipe a produit qu’un score, qui dépend beaucoup de la finition et de la chance. Les matchs anciens comptent moins que les récents, selon une décroissance exponentielle dont la demi-vie est d’environ six mois.
La sortie est une matrice de scores possibles, dont on déduit les probabilités des trois marchés retenus : résultat (1-N-2), plus ou moins de 2,5 buts, et les deux équipes marquent.
Le filtre de value
Une probabilité seule ne fait pas un pronostic. Ce qui compte est l’écart entre cette probabilité et ce que le bookmaker propose. On appelle cet écart l’edge :
edge = probabilité du modèle × cote − 1
Un edge de +5 % signifie que, si le modèle a raison, le pari rapporte 5 % de la mise en moyenne sur le long terme. Un edge négatif signifie que la cote est trop basse pour le risque pris : le pari n’est pas publié.
Les trois niveaux
Chaque pronostic doit franchir trois conditions cumulatives — probabilité, cote et edge. Si une seule échoue, il n’y a pas de pronostic. Il n’y a aucune exception à cette règle.
| Niveau | Probabilité | Cote | Edge minimum |
|---|---|---|---|
| Soft — risque faible | ≥ 65 % | 1,30 – 1,65 | +3 % |
| Modéré — risque modéré | 45 – 65 % | 1,65 – 2,50 | +5 % |
| Hard — risque élevé | 20 – 45 % | 2,50 – 8,00 | +8 % |
« Risque faible » ne veut pas dire « sans risque » : un pronostic soft à 70 % de probabilité perd, par construction, trois fois sur dix. Au maximum trois pronostics par niveau et par jour sont publiés — les meilleurs edges. Certains jours, il n’y en a aucun ; c’est le comportement attendu, pas une panne.
Les combinés
Chaque niveau propose aussi un combiné : deux sélections en soft, trois en modéré, quatre en hard. Un combiné ne gagne que si toutes ses sélections gagnent — une seule qui tombe suffit à le faire échouer.
Sa cote est le produit des cotes. Sa probabilité est le produit des probabilités quand les sélections portent sur des matchs différents, car les résultats sont alors indépendants. Quand deux sélections portent sur le même match, elles ne le sont pas : « victoire à domicile » et « plus de 2,5 buts » vont souvent ensemble. Nous sommons alors directement les cases de la matrice de scores qui satisfont les deux conditions. Le calcul est exact ; multiplier naïvement les deux probabilités donnerait un résultat faux de plusieurs points.
Chaque sélection d’un combiné doit individuellement dépasser le seuil d’edge de son niveau. Sans cette règle, un combiné pourrait franchir le filtre global tout en contenant un pari que nous ne publierions jamais seul.
Deux avertissements qu’il serait malhonnête de taire. D’abord, l’edge se multiplie, mais la marge du bookmaker aussi : environ 5 % sur un simple, 11 % à deux sélections, 17 % à trois, 23 % à quatre. C’est précisément pour cela que les combinés sont le produit le plus rentable des opérateurs. Ensuite, aucun combiné n’est « presque sûr » : le plus probable que notre modèle sache construire à deux sélections tourne autour de 65 %, soit un échec une fois sur trois. À quatre sélections, on descend sous 20 %.
La relecture
Chaque pronostic et chaque combiné retenu passe ensuite devant un modèle de langage, qui reçoit la fiche du match et rédige l’analyse affichée sur le site. Ce relecteur ne peut que confirmer, rétrograder ou opposer un veto. Il ne peut jamais créer un pronostic, ni rendre publiable un pari qui a échoué au filtre chiffré.
Le suivi : CLV
L’indicateur le plus honnête à court terme n’est pas le résultat mais le CLV (closing line value) : la comparaison entre la cote obtenue au moment de la publication et la cote juste avant le coup d’envoi. Prendre 2,10 sur un pari que le marché ramène à 1,90 est un bon signe même si le pari perd, parce que le marché a fini par donner raison à l’analyse. Sur quelques dizaines de pronostics, le ROI ne dit presque rien ; le CLV, un peu plus.
Ce que le modèle ne sait pas faire
Il ne connaît ni les compositions, ni les blessures de dernière minute, ni la motivation d’une équipe déjà maintenue. Il est entraîné sur des données de championnat et ne dit rien des coupes. Le marché des paris est efficient : sur un historique de cinq saisons, notre modèle est nettement mieux calibré qu’une estimation naïve, mais moins bien que les cotes de clôture des bookmakers. C’est la limite honnête de l’exercice, et c’est pourquoi aucun résultat passé n’est présenté ici comme une prévision de résultats futurs.
Les paris sportifs ne sont pas une source de revenus. Ne misez que ce que vous pouvez perdre.